Comment rester motivé ?

« Comment rester motivé ? » par Norbert Macia

www.norbertmaciacoach.com

Chers membres de Réseau Coaching, chers visiteurs, puisque nous sommes en ces  temps de rétrospective. Je vous propose, ce mois-ci, un petit exercice d’introspection auquel je me suis moi-même contraint en cette fin d’année. En effet, puisque nous effeuillons les derniers pétales de 2012, ne serait-il pas d’à-propos de (re)considérer notre motivation en regard de nos projets, de l’année écoulée et des perspectives pour 2013  ?


Nouvel an, motivation et réalisations

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Comment rester motivé ?

En matière de motivation, on m’a souvent demandé comment rester motivé tous les jours de l’année. En matière de motivation, il y a les stimuli qui nous viennent de l’extérieur sous forme de conseils ou d’injonctions, l’incantation, les influences et les prédictions (nous en avons encore eu un bel exemple il y a peu); puis, il y a le sens qu’ont les démarches et les projets que l’on réalise et mène « depuis l’intérieur ».

Cette motivation-là est en nous parce que certains objectifs nous animent plus que d’autres. Des choix se font donc, des alternances se mettent en place. Une de celles-ci, fondamentale à mon sens du point de vue de la motivation, est celle qui consiste en l’oscillation équilibrée entre « animation » et  « dilettante ».

Équilibrée, car voilà bien quelque chose qui nous amener à nous demander comment rester motivé : ne pas être suffisamment engagé lors de nos temps d’animation (investissement) et ne pas suffisamment profiter de nos temps de dilettante (ressourcement). Il s’en suis une série de questions : Pourquoi ne suis-je pas suffisamment engagé dans telles ou telles actions entreprises ? Pourquoi je ne m’autorise pas plus de repos, ou simplement profiter à 100% des périodes de loisirs ? Serait-ce alors parce que je culpabilise de ne pas m’engager à 100% dans mes projets ? Et donc, serait-ce pour cette raison que je ne m’autorise pas un repos mérité ? Etc, etc…

Mobiliser de l’énergie, s’animer dans et pour un projet, nécessite de faire appel à une force en action. La mobilisation des énergies dans une équipe ou dans la réalisation d’une tâche dépend, en grande partie,  de la capacité des individus à « se mettre en mouvement », des croyances partagées entre les acteurs en jeu, ainsi que du niveau d’appropriation et d’engagement par les différentes parties.

Il est donc question de faire appel à un système ou, plus précisément, un « ensemble de réactions capable de modifier un état » : tout processus de changement meut et se meut par une force en action qui est son énergie.

Il y a aussi les éléments extérieurs, signaux, comme je le soulignai plus avant, qui viennent influer sur notre état émotionnel, notre motivation, notre énergie. Le plus souvent, nous n’en tenons pas vraiment compte et les rejetons comme des implants loupés, sous le prétexte de ne pas vouloir perdre de temps avec cela.

Je pense, bien au contraire,  qu’il est préférable de « perdre un peu de son temps » lorsque cela est nécessaire. Pause, réflexion, introspection, aujourd’hui,  au présent, plutôt que de se convaincre de ne pas avoir de temps à perdre, s’entendre dire « en perdre tout le temps », au risque d’en perdre bien d’avantage demain à défaut d’en avoir pris hier.

Qu’est-ce qui peut contribuer à ce que ma  motivation soit durable et constante, alors que mes énergies physique ou  mentale peuvent être affectées et fluctuantes et provoquer des sentiments d’insatisfaction de toutes sortes ?

Comment rester motivé ?

Quelques pistes de réflexion …

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  • Il est peut-être nécessaire d’avoir conscience de nos insatisfactions, d’une part, et être dans une perspective d’acception, d’autre part,
    • Avoir conscience de nos insatisfactions peut nous apprendre quelque chose d’un « état idéal » virtuel, de satisfaction totale, que nous rechercherions peut-être inconsciemment mais qui serait par là-même un état ou une forme de fin en soi. Réintégrer l’élément « insatisfaction » comme donnée de réflexion, de changement  ou de développement, c’est aussi se reconnecter à une mise en mouvement, des motifs, une motivation.
    • Accepter les fluctuations ou même les dissipations d’énergies, comme une caractéristique d’auto-organisation de notre système-monde, c’est-à-dire du rapport que nous entretenons avec notre entourage, est peut-être aussi une sorte de prix à payer (métaphore du péage) afin de poursuivre notre route et nos projets. Ainsi, de la même manière, lorsque sur un trajet en voiture nous sommes contraint de réduire notre vitesse sur l’autoroute (régulation, préservation, auto-organisation) pour pouvoir arriver jusqu’à la prochaine station d’essence (restauration des réserves) ou parce qu’un accident vient d’être signalé (imprévu), cela remet-il pour autant en cause le but et le sens de notre voyage ?
  • Il est peut-être pertinent de se demander quel est notre degré de participation à ces insatisfactions ou ces fluctuations. Non pas, comme précédemment souligné, pour espérer à nouveau atteindre un état idéal virtuel mais bien continuer dans le mouvement, le changement, la réalisation de soi, car si j’ai identifié mon niveau de participation à la préservation d’un système en l’état, il me sera alors peut-être possible de connaître mes nouvelles marges de manœuvre, champ des possibilités, ou ma capacité à changer de cap radicalement…

Maintenir un haut niveau de motivation de manière constante demande, je ne vous apprends rien, des efforts (investissements). Croire pouvoir réaliser certaines choses, y compris difficiles, demande des efforts importants, voire titanesques, avant même le passage à l’action. Je parle là de faire l’effort de croire que telle ou telle chose est réalisable, plutôt que de l’envisager comme une tâche insurmontable et sortir ainsi d’une « habitude de confort ».

Croire (tenir une chose pour vrai) est un désir moteur de réalisation et générateur d’auto-organisation.

Pour certaines personnes, accepter simplement l’idée de croire que l’on pouvait réaliser cela était, en soi, une tâche très difficile… D’abord accepter de re-questionner ses propres certitudes (monde intérieur) avant de constater  un quelconque changement ou réaménagement du monde extérieur.

Pour pouvoir maintenir un haut niveau de motivation de manière constante, il est donc peut-être souhaitable d’aménager dans sa vie des temps de repos ou de dilettante (ressourcements) et d’en profiter pleinement. La qualité d’un effort produit, la qualité d’un temps de repos, du sommeil, de la lecture, d’une méditation ou une relaxation, la qualité d’un échange, la non-culpabilisation à l’égard de périodes ou l’on ne fait rien de spécial… et leur juste articulation avec des temps d’investissement, d’efforts (en dehors de nos zones de confort) est peut-être une des clés donnant accès à une motivation supérieure et constante.

« Le changement est le passage d’un état à un autre ». Acceptons-nous et accueillons-nous réellement  l’inconfort et le changement dans nos vies, ou préférons-nous le contrôle, l’illusion même du contrôle, sur les états acquis ?

Comment rester motivé ?

Demandons-nous…

Qu’avons-nous peur de perdre ?

Que n’envisageons-nous pas de découvrir ?

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Autrement reformulé : De quelle subjectivité et de quelle inter-subjectivité notre motivation est-elle le substrat ? Qu’est-ce qui fait de chacun de nous, comme sujet unique, des supports à nos envies, nos désirs, notre motivation ?

Dans l’idée de changement se loge peut-être un intérêt,  une curiosité, pour la recherche de réponses,  d’affirmations, de négations,  mais aussi, et avant tout, de nouvelles questions; et c’est, je crois, ce qui est le plus important dans le changement : la motivation ou l’intérêt pour le changement est un processus, non une finalité, qui s’enrichit de par lui même dès lors qu’il n’est pas à l’arrêt.

Alfred Korzybski (fondateur de la sémantique générale), nous parle en ces termes de ce qui produit l’efficacité dans une logique systémique ou scientifique :

« Pour l’efficacité, les hypothèses sous-tendant un système doivent être : (1) découvertes, (2) testées, (3) éventuellement contestées, (4) éventuellement rejetées, et (5), il faut construire un système débarrassé des postulats qui pourraient avoir été mis en cause. »

Le registre de l’efficacité est une entrée parmi d’autres, et s’inscrit ici dans un contexte  d’idéologie systémique renvoyant elle-même à la science cybernétique, ce qui est une des anthropologies possibles parmi d’autres (métaphore de l’Homme-machine), ce qui n’est pas anodin non plus. Mais, ce qui précède n’est pas, à mon sens, sans intérêt dès lors que nous sommes dans un questionnement en lien avec l’idée du changement comme ligne d’horizon.

Puisque ce qui motive -intrinsèquement- est une recherche d’effets, de résultats, de réaménagements, de continuation, de mouvement, de rencontres, de vie; – car pour être motivé il faut avoir des motifs, c’est-à-dire des mobiles d’avoir-à-être, de faire ou ce que par extension François Fédier nomme factivité, c’est-à-dire : « avoir à faire son fait », qui n’est autre chose que « penser ». Fort est de constater que les grands penseurs ne s’y sont pas trompés, et de citer, parmi eux,  Martin Heidegger : « Le motif suscite la volonté libre; il ne la restreint pas (…). Le motif est un mobile pour l’agir humain (…). »

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Peut-être est-il utile, pour ne pas perdre de vue notre motivation, nos motifs, ce qui est « moteur » en nous, afin aussi d’arpenter sereinement cette très prochaine année 2013, de ne pas confondre « carte » et « territoire » et accepter, de manière inconditionnelle, cette différence. Notre motivation et notre désir de réalisation n’en seront, je crois, que plus revigorés.

A l’orée du nouvelle an, je vous souhaite bonne route, de belles et vraies rencontres sur le trajet !

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L’auteur _

Norbert Macia, éducateur sportif de son premier métier, après 10 années d’expérience dans le secteur du sport et des loisirs, Norbert Macia se reconvertit, en 2006, au coaching professionnel auprès des particuliers et des entreprises. Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence en 2005, il s’oriente vers un troisième cycle universitaire en coaching qu’il obtient en 2006 à la Faculté d’Économie Appliquée d’Aix-en-Provence.

[Portrait de Norbert : Studio Italiano.fr]

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Mise en ligne : 31 décembre 2012

A propos de l'auteur, Norbert Macia

Norbert Macia - Crédits Photo : Pluma.fr

Norbert Macia est coach, formateur, facilitateur et conférencier bilingue. Il intervient en français et en espagnol, sur différents programmes de professionnalisation, facilitation, formation et coaching auprès d’entreprises nationales et internationales comme le groupe Airbus. Il a créé, en 2011, le réseau social interprofessionnel et francophone « Réseau Coaching », qui compte aujourd’hui près de 700 membres.

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