Concorde et orgueil

« Qu’est-ce que l’orgueil ? » par Norbert Macia

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Vous vous en souvenez certainement, le drame du naufrage du paquebot Concordia survenu vendredi 13 janvier 2012 au large de la Toscane qui nous donnait, une fois de plus, matière à réflexion quant aux rapports que l’homme entretient avec lui-même et son environnement. L’occasion aussi de revenir sur cette simple question pourtant fondamentale : qu’est-ce que l’orgueil et qu’est-ce qu’une conduite orgueilleuse ?

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Qu’est-ce que l’orgueil ?

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Étonnante parenté, tout de même, que celle du terme écologie avec un des mots fondateurs de la pensée philosophique occidentale : « être ». « Être » faisant écho à « aître », c’est-à-dire le foyer, l’habitation, la demeure. (Cf. Gérard Guest, Esquisse d’une phénoménologie comparée des catastrophes)

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Penser son environnement

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Penser notre environnement, suppose, pour le dire simplement : être conscient de ce que nous faisons au milieu et parmi les autres, les êtres. Lorsque l’on voit les photos aériennes prises du naufrage du Concordia, il n’est point besoin d’être un expert en risques maritimes pour percevoir certaines évidences : Que faisait un navire de cette envergure à quelques dizaines de mètres des récifs ? Que faisaient les autorités portuaires (la capitainerie) pendant la phase d’approche du Concordia ? Il y a bien un port (même de plaisance) dans cette île de Giglio ?!

L’environnement est une notion transversale, un horizon.

Il comprend nos lieux d’habitation, de création, de travail, de loisirs, de déplacements, d’échanges, de repos… Il s’agit donc de penser son environnement de part le commerce que l’on a avec lui : un maniement prudent, une utilisation respectueuse, un emploi mesuré, une préoccupation raisonnée, un souci permanent.

Je ne sais si l’environnement ne peut exister sans l’homme, mais l’homme, lui, ne peut survivre sans son environnement, car c’est ce qui fait de lui un humain parmi les autres êtres peuplant ce monde.

« Un homme ne peut absolument pas exister sans son environnement. Car l’homme est pour lui un produit des intéractions entre lui-même et les autres être humains coexistant avec lui. » (Médard Boss)

Concorde & Éthique

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Être conscient de ce que nous faisons au milieu et parmi les autres, on peut aussi, d’une certaine façon, appeler cela la concorde. La concorde, c’est l’union, « l’harmonie des cœurs, des esprits, des volontés ». Le bien-vivre-ensemble requiert de la concorde, car à défaut nous avons le chaos, la catastrophe. Ce nom de bateau a donc été bien mal choisi, car l’harmonie nécessaire à la concorde, c’est l’assemblage, l’emboitement, le faire ensemble, la circulation, non l’accident.

Or, dans le naufrage du Concordia, il s’agit bien d’un accident de la circulation. Le paquebot a cessé de circuler normalement dès lors que, étant échoué sur les récifs, il n’était plus à sa place, la place qui aurait dû être celle d’un navire comme le Concordia (de 290 mètres de long avec un tirant d’eau de plus de 8 mètres) n’était pas de naviguer aussi près des récifs.

La concorde requiert donc également l’éthique : c’est-à-dire l’idée d’une conduite juste, non déplacée mais bien précisément à sa place juste.

Les hommes ne sont généralement pas à leur place, dans leur comportement, lorsqu’ils se vautrent dans la boursoufflure orgueilleuse,  quelque chose à voir avec le « j’vous en mets plein la vue, moi qui maîtrise tout… ».

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Qu’est-ce que l’orgueil ?

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Autre manifestation de l’orgueil et de l’irresponsabilité, beaucoup plus courante, avec parfois des conséquences dramatiques : un véhicule tourne dans un rond-point, le conducteur à un téléphone portable collé à son oreille, il ne signale d’aucun clignotant la direction de son déplacement.

Traduction : il n’est pas à sa place en tant que personne communiquant au téléphone portable avec une autre personne, il ne dit pas (aux autres) où il compte aller (dans les secondes qui suivront) par le choix de sa direction matérialisé par l’avertissement du clignotant de direction et estime donc que cela ne concerne que lui, alors qu’il a obligation d’avertir les autres conducteurs (pour le bien-vivre ensemble). Il pense certainement (je suppose) qu’il maîtrise tout et que le bien-vivre-ensemble ne sera pas affecté par sa conduite ? Il a naturellement tort…

Il est salutaire, je crois, de poser la question : qu’est-ce que l’orgueil ? Voici la définition de l’orgueil que nous propose le dictionnaire Le Robert : « Opinion très avantageuse de soi-même, sentiment très vif, le plus souvent exagéré, et parfois même injustifié, qu’on a de sa valeur personnelle, de son importance sociale, généralement aux dépens de la considération due à autrui. »

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« L’orgueil est un roi solitaire, oisif et aveugle; son diadème est sur ses yeux. »

Du dandisme et de Georges Brummell. Barbey D’Aurevilly

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L’auteur_

Norbert MaciaÉducateur sportif de son premier métier, après 10 années d’expérience dans le secteur du sport et des loisirs, Norbert Macia se reconvertit, en 2006, au coaching professionnel auprès des particuliers et des entreprises. Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence en 2005, il s’oriente vers un troisième cycle universitaire en coaching qu’il obtient en 2006 à la Faculté d’Économie Appliquée d’Aix-en-Provence.

[Portrait de Norbert : Studio Italiano.fr]

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Mise en ligne : 06 décembre 2012

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A propos de l'auteur, Norbert Macia

Norbert Macia - Crédits Photo : Pluma.fr

Norbert Macia est coach, formateur, facilitateur et conférencier bilingue. Il intervient en français et en espagnol, sur différents programmes de professionnalisation, facilitation, formation et coaching auprès d’entreprises nationales et internationales comme le groupe Airbus. Il a créé, en 2011, le réseau social interprofessionnel et francophone « Réseau Coaching », qui compte aujourd’hui près de 700 membres.

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