Devenir coach

« Devenir coach » par Norbert Macia

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Devenir coach, c’est d’une certaine façon revenir au paradoxe de la poule et de l’œuf ou  l’injonction que Nietzsche attribuaitt à  Pindare : « Deviens ce que tu es ! ». Devenir ce que l’on est à partir de ce que l’on a et ce que l’on fait. La question de l’inné et de l’acquis. Avoir des dispositions pour quelque chose et les développer, les améliorer continuellement, c’est aussi d’une certaine façon les acquérir pleinement.

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Devenir coach : la remise en question

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En ce sens devenir coach, devenir un professionnel du coaching réside dans le fait  d’« avoir à être coach », c’est-à-dire envisager ce que le philosophe François Fédier nomme factivité : « avoir à faire son fait », qui n’est autre chose que « penser ». Penser quoi ? Son métier, son éthique, sa pratique.

Devenir coach, c’est aussi ce que nous faisons du coaching. Soit nous faisons ce que j’appelle le « grand n’importe quoi », qui est le grand méchant loup du coaching et qui finira peut-être par dévorer entièrement notre crédibilité et notre métier, soit nous faisons un peu de « sérieux ».

Le sérieux est simplement le sérieux, comme le dit très bien le psychiatre et psychanalyste Jean Oury : « Le sérieux ça ne s’explique pas, c’est le sérieux (…). » A l’inverse, le grand n’importe quoi c’est : « Je suis coach et je vous propose, en 3 jours, de vous former à comment bien faire l’amour à votre partenaire, sur un hamac, avec des skis chaussés aux pieds. » Vous trouverez sans doute que j’exagère, vous avez peut-être tort…

Navré de me répéter, mais pour ma part je tiens à l’avenir de mon métier, je tiens à sa reconnaissance et sa crédibilité, je tiens avant tout au mot lui-même, coaching, qui est inscrit sur mon diplôme délivré par l’Université française.

Exercer un métier, que ce soit  coach, boulanger ou derviche tourneur, implique donc un questionnement, une remise en question quasi-permanente, de  son identité professionnelle, sa visibilité et sa crédibilité professionnelles, le rapport à notre éthique et à la société. Cela renvoie à différentes questions dans différents domaines.

Devenir coach pose donc la question de la responsabilité et de l’éthique.

  • Comment communiquer avec l’institution, l’entreprise, les décideurs, les prescripteurs, les particuliers, les médias, la société ? Ce que je dis et propose va t-il servir ou desservir mon métier, ma crédibilité ?
  • Qu’est-ce qui fait et fonde ma pratique de coach ?
  • Quels sont les problèmes que je rencontre dans mon métier et quels sont les actions que je mène pour résoudre ces difficultés (formation, supervision, thérapie…) ?
  • Pourquoi ma pratique et mon éthique professionnelles dépendent ces questions et réciproquement ?

Le coaching répond aujourd’hui à un « besoin d’aide », une demande d’accompagnement qui, quoi que l’on en dise ou en pense, fait état et témoigne d’une demande d’être auprès de quelqu’un, pendant une période donnée de la vie, face à des questions qui dépassent la plupart du temps le cadre dans lesquelles elles sont posées. Il en va de notre responsabilité de ne pas nous laisser « dépasser » par ces évènements là.

Devenir coach, c’est « balayer devant sa porte et ouvrir en grand les fenêtres ».

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Devenir coach :  les obligations

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Une grande partie de notre temps professionnel est consacré à poser des questions à nos interlocuteurs, nos clients. Il est juste et équilibré que d’autres nous en posent également en retour. De la même façon que nous demandons à nos clients d’élucider du sens, nous tentons d’élucider nos propres problématiques rencontrées dans notre quotidien professionnel.

Le « Connais-toi toi même » ne signifie pas qu’il s’agisse de se connaitre soi-même seul et isolé dans son coin. L’ « auto-analyse » excessive, ou « introspection permanente », est suspecte dès lors qu’elle devient une forme d’évitement ou de renoncement aux situations d’altérité que rendent possible les échanges avec des tiers reconnus comme tels : autorités compétentes à même de nous évaluer et juger nos pratiques professionnelles.

Ce temps de l’échange avec des tiers est aussi un temps de « pause », un temps pour l’analyse, un temps pour -in fine- devenir coach pleinement. Notre monde est en constante accélération, notre société moderne fait que les distances entre les opérateurs diminuent à mesure que les vitesses entre les opérations courantes grandissent, ce qui n’est pas sans conséquences pour l’entreprise, la société, tout comme pour les individus.

Devenir coach c’est donc « se conduire » en professionnel, en intégrant à notre pratique certains devoirs ou obligations. Les associations de coaching remplissent -en partie- cette fonction-cadre, mais il ne suffit pas d’adhérer à un code de déontologie pour avoir dans la pratique quotidienne une éthique irréprochable et des valeurs saines. Si c’était le cas, notre monde s’en porterait mieux or on peut très bien se cacher derrière le paravent de la déontologie et de la corporation pour persévérer dans une attitude très peu professionnelle et discréditante.

Les exemples dans l’Histoire sont légions.

Se conduire en professionnel revient à être engagé, au carrefour de son projet, et faire les bons choix de direction, éviter les contresens et les non-sens. Le sens c’est toujours « où je suis », mais c’est aussi « où je vais » et « pourquoi j’y suis », « pourquoi j’y vais ». Il s’agit de redonner du bon sens à notre pratique, notre conduite, avant d’être à nouveau « mis à l’index ». Il s’agit de cultiver une posture, une posture est « une manière de se tenir dans une certaine attitude » nous dit très justement le philosophe et écrivain Fabrice Midal. C’est aussi cela méditer, méditer sa pratique, méditer sa vie, pour être et devenir coach.

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L’auteur

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Norbert Macia, éducateur sportif de son premier métier, après 10 années d’expérience dans le secteur du sport et des loisirs, Norbert Macia se reconvertit, en 2006, au coaching professionnel auprès des particuliers et des entreprises. Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence en 2005, il s’oriente vers un troisième cycle universitaire en coaching qu’il obtient en 2006 à la Faculté d’Économie Appliquée d’Aix-en-Provence.

[Portrait de Norbert : Studio Italiano.fr]

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Mise en ligne : 26 mars 2013

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