Le bien-être au quotidien

Le bien-être au quotidien

A la suite d’un précédent article sur le bonheur tel qu’il était dispensé dans les  anciennes écoles philosophiques de l’Antiquité, et non sans liens avec ce dernier  article, je vous propose aujourd’hui quelques pistes de réflexion pour tenter de penser le bien-être au quotidien et penser aussi, tout autant, son absence ou sa carence. Des choses incroyablement évidentes que nous oublions pourtant parfois de reconsidérer…

6 pistes de réflexion pour un bien-être au quotidien_

1) Être conscient de se lever chaque jour

Peu importe la manière dont nous débutons nos journées, avons-nous simplement conscience que le fait de pouvoir nous lever chaque matin signifie, en premier lieu, que nous ne sommes pas morts durant la nuit ?

Cela peut paraître anecdotique ou futile mais il suffit de (re)penser à des moments de notre vie durant lesquels nous n’avons pas joui de notre intégrité et mobilité physiques (par exemple, des périodes durant lesquelles nous avons été obligé de rester alité).

Le mot « Orient » possède à ce titre une étymologie très intéressante, celle-ci nous apprend qu' »orient » signifie : « se lever », « s’élancer hors de », « naître ». (Dictionnaire étymologique du français, Jacqueline Picoche, Éditions Le Robert, Collection Les usuels, Paris, 2009)

Chaque lever, chaque matin, est donc symboliquement l’équivalent d’une (re)naissance à soi et au monde.  Un passage du monde nocturne, l’horizontalité, au monde diurne, la verticalité. La qualité de ce passage, de cet élan , ou à contrario son automatisme vide de sens, pourrait bien à lui seul déterminer la teneur d’une journée.

L’existence est élan conscient.

2) Donner du sens à ce que nous faisons et entreprenons

Le sens, cela paraît simple comme ça : une évidence. Le sens est pourtant le point où nous nous situons (présent), dans ce qui fait notre singularité, toujours en lien avec un contexte (le collectif ou son absence), la direction vers laquelle nous nous projetons (un futur, une possibilité) et l’endroit d’où nous venons, provenons, (un passé, une expérience).

Lorsque nous nous posons la question du sens de nos actions (bonnes ou mauvaises), nous avons ainsi le choix de relier ces trois positions à nos actes et « habiter » le présent, ou bien faire comme si nos actes étaient détachés de tout, et sans lien aucun avec le passé et l’avenir.

Le sens est boussole.

3) Être vigilant quant à notre désir

Ce que nous faisons et souhaitons faire dépend-il uniquement de notre désir ou bien cela dépend-il en plus grande partie du désir des autres ? Certaines personnes ont la fâcheuse habitude de vouloir (désir) nous faire faire ce qu’elles désirent, par dessus tout. Une sorte de besoin irrépressible de passer par un désir intermédiaire, ou étape, pour étayer leur propre désir.

Ainsi la question peut-être : Où est alors notre désir propre ? Quelle est sa part effective dans la recherche de notre bien-être si nous éludons (ne serait-ce que provisoirement) la part du désir des autres dans la recherche de notre bien-être au quotidien ?

Le désir est singulier et pluriel à la fois.

4) Être conscient de nos peurs

Nous portons tous en nous des peurs qui sont reliées à des souvenirs et des expériences vécues. En ce sens, c’est comme si nous partagions notre espace intérieur, une sorte de co-location, avec d’autres entités en provenance du passé (des « fantômes » en quelque sorte), ou des images menaçantes projetées devant soi  (le futur).

Autant de disponibilité en moins pour habiter le présent. Lesquels de ces hôtes pouvons-nous décider d’éconduire ou  reconduire à leurs instants de création, pour arriver à les dévitaliser dans leur processus de développement. La peur est très mauvais compagne. Elle ne supprime parfois pas  la mise en danger qui peut advenir sur le mode indirect de la surprise ou de l’effroi. Nous pouvons être en danger ( y compris danger de mort) sans avoir, préalablement, peur. Nous lui préférerons donc la vigilance.

La vigilance ne nuit pas au bien-être.

5) Ne pas imiter trop longuement l’âne de Buridan

Il est parfois nécessaire de ne pas hésiter trop longuement entre deux possibilités, deux choix nécessaires ou vitaux, pour ne pas finir tel l’âne de Buridan. Notre liberté, celle qui peut (doit) contribuer à notre bien-être, n’est pas le contrôle  de tout sur tout. Notre liberté se compose des choix que nous opérons, et des options et directions que nous abandonnons par le fait même de réaliser ces choix.

Ainsi, demeurer trop longtemps dans une situation de vie paradoxale ou contradictoire est une des meilleures façons d’amoindrir notre liberté d’agir. En étant ce que nous sommes, nous sommes ce que nous prenons et ce que nous laissons.

L’inhibition de l’action est (parfois) le plus mauvais des choix.

6) L’éthique n’est pas la morale

Le bien-être se retrouve parfois au détour d’un discernement, une épreuve du contraste ou une mise en lumière, de ce qui relève de notre éthique personnelle et ce qui incombe à la morale collective, ou la morale d’un collectif.

Faisons-nous des choix moraux, et ceux-ci sont-ils en accord avec notre éthique personnelle ? Faisons-nous des choix personnels, éthiques, et ceux-ci sont ils en accord avec les valeurs morales du groupe auquel nous appartenons ? Puis-je accorder mon éthique personnelle avec mes valeurs morales reçues du collectif ?

Le clivage n’est (jamais) source de bien-être.

A propos de l'auteur, Norbert Macia

Norbert Macia - Crédits Photo : Pluma.fr

Norbert Macia est coach, formateur, facilitateur et conférencier bilingue. Il intervient en français et en espagnol, sur différents programmes de professionnalisation, facilitation, formation et coaching auprès d’entreprises nationales et internationales comme le groupe Airbus. Il a créé, en 2011, le réseau social interprofessionnel et francophone « Réseau Coaching », qui compte aujourd’hui près de 700 membres.

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Cet article a 2 commentaires

  1. La 1ère piste est pour moi fondamentale. Parce qu’elle conditionne toute les autres ; parce qu’elle permet de se mettre en situation en effet de « naissance » ; parce qu’elle illustre « les choses que je ne peux changer » (la météo) ; parce que certaines choses de la vie, « noires le soir » s’éclaircissent comme le jour (et comme par magie) au petit matin. Et enfin et surtout, elle incite à la gratitude (ainsi par exemple mes photos de ciel de ce matin sont aussi des « Mercis »).
    Je dirais (avec sourire) que j’ai bu chaque mot de ce passage avec délectation.

    1. Merci à vous Louis-Paul pour ce très beau commentaire, qui ne me surprend qu’à moitié venant d’un photographe. « Voir le jour » est en effet une forme de naissance au monde, de conscience aussi du monde tel qu’il s’offre à nous. Encore une fois merci, et au plaisir de vous lire. Amicalement, Norbert

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