Les mille mots du coaching

« Comment apprendre le coaching ? » par Norbert Macia

www.norbertmaciacoach.com

La confusion des genres dans le coaching. Voilà bien quelque chose qui peut faire du tort aux coachs qui ont fait le choix de la professionnalisation en lieu et place du flou artistique… quand ce n’est pas le grand n’importe quoi qui occupe tout le devant de la scène.

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Apprendre le coaching

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Le grand n’importe quoi, la confusion des genres, c’est quoi ? C’est par exemple proposer du « coaching-séduction » à 20 000 euros le forfait… Cette personne était, il y a peu de temps encore, inscrite sur Réseau Coaching, aujourd’hui elle ne l’est plus. A la suite d’un échange par téléphone, sur une initiative de sa part, j’ai rapidement compris que j’avais fait une erreur. Mea culpa. J’en ferai certainement d’autres ( personne n’est parfait), mais elles seront systématiquement et rapidement corrigées.

Cela m’irrite au plus haut point, en effet, car le grand n’importe quoi c’est ce qui empêche d’apprendre le coaching, c’est ce qui fait que notre profession est parfois regardée de travers quand elle n’est pas directement montrée du doigt.

La confusion dans le coaching, c’est quoi ? Pour reprendre un idiotisme gastronomique bien français, c’est un peu comme « mettre du beurre dans les épinards » (la métaphore n’est pas choisie au hasard) car si l’on file toujours l’image : oui, on améliore sa situation, oui on s’en sort mieux financièrement quoi, oui, la vie est belle, etc etc… sauf qu’en rajoutant  trop de beurre dans vos épinards, il arrive un moment où : 1) vous n’avez plus le goût des épinards  car le beurre a occupé tout l’espace, 2) vous êtes bon pour une indigestion car le beurre n’est pas un ingrédient du type « antioxydant » (contrairement aux épinards), c’est même plutôt du très très lourd…, 3) vous pouvez ranger la notion de « sérieux » pour les jours de jeûne.

A trop faire, ou vouloir faire, du coaching dans tout et avec tout, la carte gastronomique du paysage coaching en France ressemble un peu à une grosse assiette de beurre dans laquelle tout le monde cherche à faire son beurre précisément. Bon appétit ! J’arrête là les métaphores.

Je suis bien d’accord avec certains auteurs, qui pourtant nous montrent du doigt et ce pas forcément pour les bonnes raisons, sur le fait que l’usage actuel du terme « coaching », sur fond de « saturation sémantique », soit perçu comme un « phénomène de mode » encore que la prolifération du mot procède plus, à mon sens, d’une stratégie commerciale pour vendre des prestations qui ont peu à voir avec le coaching  et ne devrait pas -de ce fait- être confondue avec les réalités d’un métier ou d’une profession.

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Apprendre le coaching & Apprendre du coaching

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Les caractéristiques majeures du coaching me semblent être la transversalité, dans un sens, – ce qui n’est ni la généralité, ni la confusion- (cette idée fera l’objet d’autres développements à venir) et la spécificité, dans un autre sens, propre à la relation d’accompagnement.

Je parle ici de ce qui pourrait caractériser la pratique (ou spécificité) du coaching autour de 3 grands axes : la pratique sportive, la pratique individuelle, la pratique de groupe, et en aucun cas le fait que le coaching  puisse être la somme du conseil, de la formation, du management ou de l’expertise… (j’y reviendrai).

Si  le terme « coaching » perdure, si la pratique du coaching se professionnalise, est reconnue, c’est bien que peut-être son usage (désolidarisé de ses abus de langage et d’usage) reflète une signification singulière ou « inédite ». D’où le danger de cette confusion, car nous parlons aujourd’hui un langage d’images (ceci n’est pas naturellement sans liens avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information) : si je vous dis que je suis coach en pots de fleurs, vous allez -instantanément- comprendre que je me soucie des pots de fleurs car, comme dirait le père Confu « Une image vaut mille mots »…, certes sauf que mille mots renvoient également une image !

Et de ce fait , les mille mots (maux) dont souffre aujourd’hui la profession de coach ont contribué à construire une image du métier de coach totalement vidée de sa substance. Il est peut-être temps, et certains professionnels du secteur œuvrent dans ce sens, de stopper la prolifération de la confusion dans le coaching. Apprendre le coaching est autre chose que simplement adhérer à un code de déontologie (sans même peut-être l’avoir lu), cela ne suffit pas non plus -de ce point de vue- à penser nos pratiques respectives dans ce qu’elles ont de singulier. La solution au problème ne se trouve certainement pas dans le fait de remplacer la confusion par le conformisme.

Rien n’empêche qui que ce soit d’adhérer, mais adhérer sans penser ? Sans s’engager ? Pour se mettre à l’abri ? Pour être reconnu ? Pour vendre ?… Quelle triste politique nous aurions là.

L’auteur_

Norbert MaciaÉducateur sportif de son premier métier, après 10 années d’expérience dans le secteur du sport et des loisirs, Norbert Macia se reconvertit, en 2006, au coaching professionnel auprès des particuliers et des entreprises. Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence en 2005, il s’oriente vers un troisième cycle universitaire en coaching qu’il obtient en 2006 à la Faculté d’Économie Appliquée d’Aix-en-Provence.

[Portrait de Norbert : Studio Italiano.fr]

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Mise en ligne : 09 octobre 2012

A propos de l'auteur, Norbert Macia

Norbert Macia - Crédits Photo : Pluma.fr

Norbert Macia est coach, formateur, facilitateur et conférencier bilingue. Il intervient en français et en espagnol, sur différents programmes de professionnalisation, facilitation, formation et coaching auprès d’entreprises nationales et internationales comme le groupe Airbus. Il a créé, en 2011, le réseau social interprofessionnel et francophone « Réseau Coaching », qui compte aujourd’hui près de 700 membres.

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